Psy-Skype

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Il vous est désormais possible de me consulter et d’entreprendre une cure de psychanalyse d’inspiration schizo-analytique à distance, dans le respect de l’éthique, via le logiciel de video-conférence Skype – demain sur les métavers, ces univers virtuels permettant l’immersion de nos dividualités en réalité 3D.

Les réseaux sociaux de l’internet sont la nouvelle « rue du monde » fréquentée par nos avatars nomades et nos dividualités multiples pour y vivre de nouvelles expériences d’intersubjectivités bien réelles.

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Pascal Decaux-Desmoulains

Ces mondes persistants du cyberspace ouvrent aux thérapeutiques et aux consultations à distance. C’est d’autant plus vrai pour la pratique de la psychanalyse d’inspiration schizo-analytique; d’autant plus nécessaire pour une patientèle disséminée parmi les archipels océaniques, et pour nos patients nomades – parfois exilés – qui partagent, derrière l’horizon, les vents alizés de leurs solitudes.

Mode d’emploi:

  • Aller sur le site Skype: http://www.skype.com/fr/
  • Téléchargez le logiciel gratuit
  • Ouvrez un compte en respectant chacune des étapes
  • Contactez mon adresse Skype: decauxdesmoulains
  • Proposez-moi un rendez-vous en indiquant vos plages horaires
  • Notre premier entretien est gratuit
  • Nous nous accordons sur la périodicité et le nombre de consultations
  • Nous nous accordons sur un dispositif personnalisé
  • Vous réglez vos consultations par virement ou carte bancaire via le site de paiement sécurisé Paypal (en cliquant simplement sur le logo ci dessous):
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Tarifs:

 

Pour aller plus loin sur la Consultation de psychanalyse d’inspiration schizo-analytique à distance:

  • Fondements philosophiques & praxis

Le concept de virtuel relaie un imaginaire dualiste obsolète et inadéquat.

En effet, désignant ce qui se passe dans le monde numérique par opposition au monde physique, ce concept se fonde, dans le sens commun et dans les médias, de son opposition trompeuse au réel.

Cette définition du virtuel n’a cependant aucun fondement lexical, conceptuel ou scientifique et révèle plutôt un symptôme contemporain, celui de la réduction de la langue à son usage quotidien.

Car, si le virtuel informatique, qui n’est qu’un des aspects du virtuel, est le simulationnel, celui-ci est entièrement réel dans ses applications concrètes.

Le rabaissement du concept de virtuel s’explique par le fait que la révolution numérique nous confronte à quelque chose de nouveau, d’inconnu, qu’il est difficile d’intégrer : « Percevoir à l’ère numérique, c’est être contraint de renégocier l’acte de perception lui-même, au sens où les êtres numériques nous obligent à forger des perceptions nouvelles, c’est-à-dire d’objets pour lesquels nous n’avons aucune habitude perceptive. Cette renégociation perceptive n’a rien de naturel. Elle exige du sujet contemporain un véritable travail phénoménologique en vue d’apprendre à percevoir cette nouvelle catégorie d’ « étants », les êtres numériques, dont la phénoménalité est inédite, et par conséquent désarmante ».

La possibilité d’une intersubjectivité numérique moderne convoque des mécanismes de socialisation, de même que des manières d’explorer les limitations aussi bien que les élargissements contemporains de la notion d’individu.

Un nouveau paradigme d’interaction est introduit aujourd’hui par la réalité virtuelle, où l’utilisateur n’est plus considéré comme simple spectateur observant passivement des images sur un écran, mais comme un  acteur participant activement à l’évolution d’un monde virtuel en trois dimensions. La réalité virtuelle doit être considérée comme un outil de réalisme qui permettrait de mieux gérer le réel.

Ces créations proposent de revenir à un rapport sensible de l’action sur l’image, en mettant notamment le rapport corporel en avant. Un regard nouveau sur le monde et sur notre manière d’agir est proposé, donnant la possibilité à quiconque d’être à la place de l’autre d’une nouvelle manière.  La virtualisation de l’expérience vécue propose des expériences singulières fortes et sincères.

En exploitant la dimension sensible propre à l’interactivité, un champ d’expression s’ouvre et permet de placer l’action du joueur non pas dans la navigation, mais dans la sensibilité et la compréhension de l’expérience.

La construction d’une sociabilité en temps réel au travers ces avatars numériques favorise l’apparition dans notre psychisme de nouvelles « dividualités » originales et spécifiques au monde du numérique : La construction existentielle traditionnelle se fait essentiellement au travers la relation avec nos semblables, mais l’utilisation d’avatars dans les mondes persistants nous permet aussi de vivre de manière dématérialisé une relation cognitive et affective forte, en interaction émotionnelle, et bientôt sensuelle  avec les humains. Il conçoit l’individu comme un ensemble de « dividus » différents « selon que l’on est en famille, dans l’intimité d’une relation amoureuse, au travail, pendant nos loisirs, au volant d’une automobile ».

Les mondes persistants du cyberespace nous permettront, via nos avatars, d’incarner, de générer, d’enrichir, nos différentes dividualités.

« Pour notre conscience, les avatars et leurs actions sont perçues comme des simulacres, mais pour notre sub-conscience, les actions perçues sont interprétées comme vraies par l’activation des neurones miroirs dans la perception des avatars 3D ».

En quelques décennies le jeu vidéo a ajouté à ses qualités de divertissement (expérimental puis industriel) une dimension culturelle et didactique.

D’abord essentiellement inscrit dans un usage purement ludique, alimenté continuellement par une industrie créative et lucrative, le jeu vidéo s’est ouvert de nouveaux espaces via les études culturelles qui reconnaissent dans ces productions spécifiques les ingrédients d’une culture (concepts, écritures, création, diffusion, public) voire d’une contreculture.

Fort de ces nouveaux différents niveaux de lecture, il est désormais pris au sérieux pour proposer une interaction efficace entre une cible, un apprenant, un spectateur et un contenu : il est utilisé pour d’autres objectifs que le seul divertissement et notamment ceux de la pédagogie, outil décomplexé des apprentissages, et de la thérapeutique, télémédecine, consultation à distance.

L’individu est mort avec le capitalisme. Il est maintenant remplacé par le « dividu », lenetocrate selon Alexander Bard, immergé dans les réseaux. Psychanalyste d’inspiration schizo-analytique, nous empruntons le terme « dividu » au français Gilles Deleuze exprimé dans l’Anti-Oedipe.

Un individu est un objet indivisible, tandis qu’un « dividu » peut être séparé en différents éléments, puis réassemblé pour former de nouvelles structures. Nous ne sommes plus des êtres « individuels », mais des dividus existant dans des contextes sociaux différents. Et, plus important, nous avons arrêté d’essayer d’être constamment « toujours le même », fidèle à notre « véritable moi ». Au contraire, nous nous délectons à apparaître différents selon les contextes. Nous avons abandonné l’idéal de la personnalité « monopsychique » pour lui préférer celui de la personnalité « schizoïde ».

C’est la mort sociologique du sujet cartésien. L’individualisme est propre aux classes sociales défavorisées sous le règne de l’informationalisme. Le netocrate est dividualiste, parce qu’entre l’Individu et le Réseau, il choisira toujours le Réseau. Donc l’objet atomique, le socle cosmique de la société informationaliste est le Réseau et NON l’Individu, comme c’était le cas dans le paradigme cartésien capitaliste. L’individu se développe en dividu.

Nous chercherons désormais des consultations en schizo-analyse plutôt qu’en psychanalyse.

Il n’y a désormais aucune objection à consulter et entreprendre une cure de psychanalyse d’inspiration schizo-analytique, via votre schizo-analyste présent sur les réseaux sociaux, à distance via Skype – demain sur les métavers, ces univers virtuels permettant l’immersion de nos dividualités en réalité 3D.

Des Îliens aux Transiliens

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J’ai longtemps pratiqué la Psychanalyse d’inspiration Schizo-analytique et l’Ethnopsychanalyse parmi les peuples océaniens du Pacifique Sud et, au divan du psychanalyste, ma patientèle le sait, j’ai toujours préféré la promenade.

Aujourd’hui, renversant « la métaphore ferroviaire de Freud », comparant la cure analytique au voyage en train, l’espace analytique au compartiment, l’association libre au paysage qui se déroule et se transforme à sa fenêtre, je pratique une psychanalyse d’inspiration schizo-analytique à Paris et sur la ligne D du RER, entre Paris-Châtelet, la Gare de Lyon et Melun.

La psychanalyse fait ses premiers pas à travers les paysages d’un monde bouleversé par une invention technologique majeure, le chemin de fer, qui, avant d’être un événement historique, est un véritable traumatisme affectant les catégories de l’espace et du temps.

Nouveau moyen de transport, le train se prête à tous les transports et Freud, grand voyageur souffrant d’une phobie du train, utilise à plusieurs reprises la métaphore ferroviaire pour parler du temps de la cure.

Mais, c’est en 1913 que la métaphore ferroviaire, utilisée pour énoncer la règle fondamentale, déploie toute sa puissance d’évocation pour exposer le dispositif analytique.

Avec le défilé du paysage où chaque plan découpé par la fenêtre en chasse un autre, la métaphore ferroviaire articule le temps, l’espace et la mémoire. Le paysage vu du train se donne et se retire, comme l’inscription sur le « bloc magique », selon le travail rythmique des investissements dans le système perception-conscience que Freud considère « à la base de l’apparition de la représentation du temps ».

Le dispositif analytique, avec la règle fondamentale de la libre association, selon le modèle du paysage découpé par la fenêtre d’un compartiment de chemin de fer, convoque d’emblée la dynamique du transfert et de la résistance comme le chemin détourné nécessaire à la levée du refoulement.

La scène primitive de la psychanalyse se découpe dans l’encadrement de la fenêtre d’un compartiment de chemin de fer qui apparaît comme un point de fuite de ce qui se dévoile à l’intérieur du compartiment.

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« Nous pratiquerions ensemble l’art de voyager »

Sigmund Freud

Vous êtes « Transilien », vous pouvez m’appeler pour convenir d’un premier entretien individuel sans engagement et gratuit au 06.14.75.35.35 ou via Skype

J’invite les 3081 fidèles abonnés de ce blog à me suivre et à s’abonner gratuitement désormais à mon site « Un train à la fenêtre, un psy sur la ligne D du RER Transilien »

A bientôt

Pascal Decaux-Desmoulains

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Les Techniques de Photo-Thérapie en Counseling et Thérapie

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Les techniques de Photo-Thérapie utilisent les photos personnelles ou de famille des clients (et les émotions, souvenirs, pensées et informations qu’elles évoquent) comme catalystes de la communication thérapeutique.

La vie secrète des photos personnelles et de famille

Chaque photo prise ou conservée par une personne est aussi une sorte de portrait de soi, un type de <> reflétant des moments et des gens assez importants pour être fixés dans le temps de façon indéfinie. Collectivement, ces photos rendent visibles les histoires dans la vie d’une personne et servent d’empreintes visuelles pour marquer leurs passages (autant émotionnels que physiques). Elles peuvent aussi peut-être signaler évoquer ce qu´une personne fera plus tard. Même les réactions aux cartes postales, aux images de magazines ou aux photos prises par d’autres peuvent fournir des indices qui révèlent la vie intérieure d’une personne et ses secrets.

La signification d’une photographie repose moins dans ses faits visuels que dans ce que ses détails suggèrent à l’esprit (et au coeur) de chaque spectateur. En fait, lorsqu’ils regardent une photo, les gens spontanément créent et donnent un sens à ce qu’ils pensent provenir de la photo, bien que ce sens ne soit pas nécessairement celui conçu par le photographe originellement. Donc, ce sens (et son message émotionnel) est dépendant de celui qui regarde, parce que les perceptions et les expériences de vie uniques à chaque individu encadrent et définissent automatiquement ce qu’il perçoit comme réalité. Par conséquent, les réactions des gens aux photos qu’ils trouvent spéciales peuvent révéler beaucoup sur eux-mêmes, si seulement les bonnes questions leur sont posées.

Comment les thérapeutes utilisent les photos pour aider les gens à guérir

La plupart des gens s’entourent de photos sans vraiment s’arrêter pour se demander pourquoi. Pourtant, parce que ces photos enregistrent de façon permanente des moments quotidiens importants (et les émotions qui s’y associent inconsciemment), les photos personnelles peuvent servir de ponts naturels pour rendre accessibles, pour explorer et pour communiquer émotions et souvenirs (incluant ceux enterrés ou oubliés depuis longtemps), ainsi que les aspects psychothérapeutiques qu’ils font surgir. Conseillers et thérapeutes trouvent que les photos de leurs clients agissent souvent comme des constructions symboliques et tangibles de soi et comme des objets transitionnels métaphoriques offrant silencieusement des intuitions que les mots seuls ne pourraient représenter ou dévoiler.

Sous la direction d’un thérapeute formé en techniques de Photo-Thérapie, les clients explorent la signification visuelle et émotionnelle qu’ils donnent à des photos personnelles et de famille importantes dans leur vie. Bien que cette signification soit latente dans toute photo personnelle d’un client, celle-ci peut-être utilisée pour concentrer et précipiter un dialogue thérapeutique. Ce dialogue facilitera habituellement une connection plus directe et moins censurée avec l’inconscient.

Durant les sessions de Photo-Thérapie, les photos ne sont pas seulement contemplées de façon silencieuse et réceptive, elles sont aussi recréées de manière active. On peut leur parler, les écouter, ou les reconstruire en posant de nouveau pour la caméra; on peut les reviser pour former ou illustrer de nouveaux récits, ou les revisualiser par le souvenir et l’imagination. Le client peut aussi prendre d’autres photos en réponse à certaines, ou les faire entrer en dialogues entre elles. Finalement, les photos peuvent être intégrées dans des formes d’expression d’art-thérapie.

Quelles sont les techniques employées en Photo-Thérapie?

Si la première étape consiste à prendre des photos ou à les apporter à la session de thérapie, la deuxième étape est d’activer tout ce que ces photos font émerger à l’esprit (en explorant leurs messages visuels, en entrant en dialogue avec celles-ci, en leur posant des questions, en considérant les résultats possibles des changements imaginés ou des perspectives différentes, etc.). La photo terminée, qui est habituellement pour le photographe la conclusion de son travail, n’est que le début de la démarche en Photo-Thérapie…

Le rôle principal du thérapeute est d’encourager et de supporter les découvertes personnelles du client, en explorant les photos personnelles et de famille, et en facilitant l’interaction avec celles-ci. Cela peut se faire en visionnant, en prenant ou en collectionnant des photos (cartes postales, photos de magazines et de cartes de souhaits, etc.), en se rappelant des souvenirs, et en imaginant ou en reconstruisant de façon active.

Chacune des cinq techniques de Photo-Thérapie décrites ci-dessous est associée à un type de photographie. Ces techniques sont aussi fréquemment combinées entre elles, ou avec d’autres techniques de thérapie par les arts créatifs:

  1. Photos prises ou créées par le client (que ce soit par l’utilisation d’une caméra ou en (s’appropriant) des photos d’autres auteurs par le moyen de revues, cartes postales, images d’internet, manipulation digitale, etc.),
  2. Photos prises du client par d’autres personnes (prises intentionnellement ou sans en avoir été conscient),
  3. Portraits personnels, incluant toute photo créée par le client pour se représenter, que ce soit de façon litérale ou métaphorique (mais dans tous les cas, le client a le plein contrôle de tous les aspects de la création de l’image),
  4. Albums de photos de famille et autres collections de photos biographiques (photos de la famille d’origine ou de choix; photos gardées dans des albums ou placées de façon narrative sur les murs ou la porte du réfrigérateur; photos conservées dans le portefeuille, dans des cadres, dans l’ordinateur ou sur des sites d’internet, etc.),
    … Et en conclusion,
  5. Photos-projections, c’est-à-dire des photos qui découlent du fait (phénoménologique) que le sens de toute photo est en grande partie créé par son spectateur lorsqu’il perçoit celle-ci. L’acte de regarder n’importe quelle image photographique produit des perceptions et des réactions qui sont projetées du cadre de la réalité intérieure de chaque personne, déterminant ainsi le sens qu’elle donne à ce qu’elle voit. Par conséquent, cette technique n’est pas située dans un type particulier de photographie, mais plutôt dans l’échange moins tangible entre une photo et son spectateur/créateur, (l’endroit) où chaque individu forme ses propres et uniques réponses à ce qu’il voit.

La Photo-Thérapie: une perspective générale

Comme l’explique le livre PhotoTherapy Techniques: Exploring the Secrets of Personal Snapshots and Family Albums, la Photo-Thérapie est avant tout un système intégré de techniques de counseling utilisant des photos comme base d’échange et réalisées par des professionnels en santé mentale spécifiquement formés. Ces techniques, qui font partie intégrante de leur pratique thérapeutique, aident leurs clients à examiner consciemment et à réintégrer par la suite de façon cognitive, les intuitions déclenchées par les photos, dans le but de mieux comprendre et d’améliorer leur vie.

Par conséquent, la Photo-Thérapie (PhotoTherapy) n’est pas la même chose que la photographie thérapeutique (Therapeutic Photography) — parfois aussi appelée PhotoTherapy, particulièrement en Grande-Bretagne — ce qui porte à confusion: car la photographie thérapeutique comprend des activités qui sont conduites dans un but personnel et en dehors de tout contexte formel de counseling. Les individus utilisent la photographie thérapeutique pour leurs propres découvertes personnelles ou à des fins artistiques, alors que les thérapeutes qui utilisent la Photo-Thérapie le font pour aider d’autres personnes (leurs clients) avec leurs problèmes. Bien que les résultats d’une exploration personnelle impliquant le médium de la photo (photographie comme thérapie) deviennent souvent d’eux-mêmes thérapeutiques, spécialement lorsque la caméra est utilisée comme agent de changement personnel ou social, ceci n’est pas la même chose que d’activer et d’assimiler des expériences sous la conduite et le soin d’un professionnel formé dans des techniques de counseling utilisant la photo (photographie en thérapie).

Étant donné que la Photo-Thérapie est conçue comme un ensemble intégré de techniques flexibles, plutôt que comme des directives fixes basées sur un modèle théorique ou une approche thérapeutique spécifique, celle-ci peut être utilisée par tout type de conseiller ou thérapeute professionnel, indépendamment de leur orientation conceptuelle ou d’une approche professionnelle privilégiée. En cela la Photo-Thérapie est similaire à l’art-thérapie, tout en s’en distinguant — et elle peut être utilisée de façon efficace par d’autres professionnels de la santé mentale qui ne sont pas spécifiquement formés en art-thérapie.

Comme la Photo-Thérapie s’intéresse à la photographie-comme-moyen de communication plutôt qu’à la photographie-comme-art, aucune expérience avec la caméra ou les arts photographiques n’est requise pour une utilisation thérapeutique efficace.

Et finalement, comme la Photo-Thérapie implique l’interaction des individus avec leurs constructions visuelles uniques de la réalité (employant la photographie plus comme un verbe actif qu’un nom passif/réfléchi), ces techniques peuvent être particulièrement efficaces avec les personnes pour qui la communication verbale est physiquement ou mentalement limitée, socialement marginalisée, ou situationnellement inappropriée à cause d’une mécompréhension des indices non-verbaux.

Par conséquent, la Photo-Thérapie peut être tout spécialement utile, et peut souvent redonner leur pouvoir aux personnes, lorsqu’elle est appliquée à une clientèle multiculturelle, minoritaire, ayant des besoins spéciaux ou des capacités diminuées, ou à d’autres populations similairement complexes. Elle est aussi bénéfique dans les programmes de formation sur les diversités, la résolution des conflits, la médiation des divorces et d’autres domaines connexes.

Maintenant que le public est de plus en plus confortable dans l’emploi de la technologie électronique et l’imagerie digitale, on peut assister à l’émergence d’excitantes possibilités où les photos sont utilisées comme outils de counseling et d’aide auprès des clients possédant des ordinateurs avec (scanners) ou sites d’internet, ou ceux qui sont capables de participer à une thérapie cybernétique sur l’internet.

• Explorer ce site pour en apprendre plus sur la Photo-Thérapie et comment celle-ci peur aider les gens à développer une meilleure image de leur vie — une image qui, comme dit le proverbe, vaut plus que mille mots…!

 

Click here for PhotoTherapy, Therapeutic Photography, Photo Art Therapy, and VideoTherapy Facebook group.

* Traduction par Marielle Geoffroy, avec l’assistance de Céline Gagné-St.Amour, Marie St.Amour, et Suzanne Ostiguy

Pascal Decaux-Desmoulains est Grand Prix Ilford 2000, Polaroid Award 2003, Sélection Oscar Barnack Award 2009 et Finaliste du Leica Fotografie International Award 2009.

Il a produit pour France Télévision Outremers une collection documentaire de 180 Très-courts métrages documentaires sur la vie quotidienne à Tahiti & ses îles intitulée « Ta’ata ».

Ses stages individuels ou en groupe de photo-thérapie s’exerceront en région parisienne dès le printemps 2016 en complément de ses consultations en psychanalyse d’inspiration schizo-analytique, en clinique sociale, ou dans le cadre de formations continues.

 

Histoire du discours amoureux

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– Je t’aime.
– Moi aussi.
– Je sais.
– Je sais que tu le sais.
– Je sais que tu sais que je sais que tu le sais.
– Et moi je sais que tu sais que je t’aime.
– Je sais que tu le sais et tu sais que je sais que tu sais que je le sais, et tu sais que je sais que tu sais que je t’aime.
– Je sais que tu le sais et tu sais que je sais que tu sais que je sais que tu sais que je t’aime, et je sais que tu sais que je sais que tu sais que je sais que tu le sais.
– Et tu aimes que je le sache ?
– Oui, j’aime savoir que tu le sais, j’aime que tu saches que je sais que tu m’aimes, j’aime savoir que tu m’aimes et j’aime savoir que tu le sais.
– Et moi j’aime savoir que tu sais que je sais que tu aimes savoir que je t’aime.
– Je sais et j’aime aimer savoir que tu aimes savoir que tu saches que je sais que tu sais que j’aime aimer savoir que tu saches que je sais que tu m’aimes.
– J’aime savoir t’aimer.
– J’aime aimer savoir que tu saches aimer que je sache t’aimer.
– J’aime savoir que tu aimes savoir que je le sache.
– Et moi j’aime aimer que tu aimes le savoir.
– Je sais que tu m’aimes et j’aime savoir que tu sais que je le sais.
– Je t’aime.
– Je sais.
– Je le savais.

 

Jean Michel Espitallier

Noms de dieux

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Jean-Pierre Otte

 

LA PORTE PERSONNELLE, par Jean Pierre Otte

Sonnez à votre propre porte à un moment où vous ne vous y attendez pas, recommande le chroniqueur des Dernières nouvelles de l’Homme.

Venez vous ouvrir et pénétrez à l’improviste en vous-même.

Allez à votre rencontre ou restez pour un temps un passager clandestin réfugié dans les soutes, puis se glissant par les écoutilles.

En un mot comme en cent : visitez-vous !

Voyagez en vous-même : le marcheur évolue dans sa propre géographie, des racines des cheveux à la plante des pieds, de la chambre alvéolée de la mémoire à celle, contiguë, de l’imaginaire. À l’échelle de l’univers nous sommes un grain de poussière impossible même à distinguer à l’œil nu, et pourtant, ce grain de poussière, capable d’humeur et de mouvement, contient tout un monde. Unité du nombre, le détail résume l’ensemble et l’infini intérieur vaut l’infini des galaxies alors que le monde se modifiant nous modifie en retour.

L’aventure est de descendre en soi-même, à l’intérieur de son puits aux images, au bout de sa galerie de prospection, au fond de son village mongol, où ce qu’il y a en nous de plus audacieux et de libre rencontre des déesses fluides, la figure énigmatique du hasard, des visages dévoilés pour d’invraisemblables liaisons. Un pays intérieur, intime et tangible, qui a ses mythologies, ses trouvères, sa loi morale et son ciel étoilé, dans le goût de l’impossible et du vrai, dans le plaisir de l’inexplicable et de l’évidence tout à coup révélée.

Tout au fond, au plus obscur, comme on le ferait d’une racine entre les doigts, dégagez un désir, le vôtre ; saisissez-le au vif, aiguisez-le au-delà de toute espérance. À partir de ce désir de vie qui est le vôtre, tout, de toutes parts, est ouvert, offert à vos pas. Il n’y a plus d’obstacle, et il n’y en a peut-être jamais eu. Vous retournant par acquit de conscience, vous constatez même qu’il n’y avait pas de porte.

Dans cette aventure personnelle, ce n’est pas d’instruments de chirurgie meilleurs dont nous avons le plus besoin. Ni de pouvoir d’achat, de primes à l’emploi et de sécurité sociale. Pas davantage de conférences au sommet, de téléphonie sans fil et d’informations intempestives qui nous occultent en définitive la réalité vraie du monde sous la taie d’un malheur indifférent. Mais de l’expérience immédiate de s’éprouver en vie, de se sentir respirer ici et maintenant. Respiration et en même temps perspiration, percolation par tous les pores.

Soyons buveurs de vent, ivrognes de la fluidité, partisans inconditionnels du prodige ordinaire qui avive et revivifie le sang, aiguise les sens, délie et affine les pensées dans un luxe d’évidence, l’idée et le désir même d’une manière plus exaltante de se conjuguer au présent. Il faut restituer à chacun la certitude d’exister à titre d’exception au rythme même, métronomique, de sa respiration.

Jean-Pierre Otte

Jean-Pierre Otte, « Ah! noms de dieux », une heure d’entretien en toute  liberté et pour le plaisir d’exister (RTBF)

Les Maîtres Fous

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Les Maîtres fous est un documentaire ethnographique français réalisé par Jean Rouch, sorti en 1955.

Le documentaire illustre les pratiques rituelles de la secte religieuse des Haoukas pratiquées par les immigrés pauvres d’Accra (Ghana). Ces rites consistent en l’incarnation par la transe des figures de la colonisation (le gouverneur, la femme du capitaine, le conducteur de locomotive, etc.) et s’organise autour d’une confession publique, de chorégraphies frénétiques et de sacrifices d’animaux (poules, chien).

Jean Rouch expliquera que « ce jeu violent n’est que le reflet de notre civilisation. »

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Jean Rouch est un réalisateur et un ethnologue français, né le 31 mai 1917 à Paris et mort le 18 février 2004 au Niger. Il est particulièrement connu pour sa pratique du cinéma direct et pour ses films ethnographiques sur des peuples africains tels que les Dogons et leurs coutumes. Considéré comme le créateur de l’ethnofiction, un sous-genre de la docufiction, il est l’un des théoriciens et fondateurs de l’anthropologie visuelle.

« En voyant ses visages souriants, en apprenant que ces hommes sont peut-être les meilleurs ouvriers de l’équipe des water-works, en comparant ces visages avec ces visages horribles de la veille, on ne peut s’empêcher de se demander si ces hommes d’Afrique ne connaissent pas certains remèdes qui leur permettent de ne pas être des anormaux mais d’être parfaitement intégrés à leur milieu, des remèdes que nous, nous ne connaissons pas encore »…

Les Maîtres Fous (1ère partie)

Les Maîtres Fous (2ème partie)

 

 

L’après-mai des faunes

Préface de Gilles Deleuze à L’après-mai des faunes de Guy Hocquenghem

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Première volution. Contre la psychanalyse, contre les interprétations et réductions psychanalytiques – l’homosexualité vue comme rapport avec le père, avec la mère, avec Œdipe. Hocquenghem n’est contre rien, il a même écrit une lettre à la mère. Mais ça ne marche pas. La psychanalyse n’a jamais supporté le désir. Il faut toujours qu’elle le réduise et lui fasse dire autre chose. Parmi les pages les plus ridicules de Freud, il y a celles sur la «fellatio» : un désir si bizarre et si «choquant» ne peut valoir pour lui-même, il faut qu’il renvoie au pis de la vache, et par là au sein de la mère. On aurait plus de plaisir à suçoter un pis de vache. Interpréter, régresser, faire régresser. Ça fait rire Hocquenghem. Et peut-être y a-t-il une homosexualité œdipienne, une homosexualité-maman, culpabilité, paranoïa, tout ce que vous voulez. Mais justement elle tombe comme le plomb, lestée par ce qu’elle cache, et que veut lui faire cacher le conseil de famille et de psychanalyse réunies : elle ne tient pas à la spirale, elle ne supporte pas l’épreuve de légèreté et de mobilité. Hocquenghem se contente de poser la spécificité et l’irréductibilité d’un désir homosexuel, flux sans but ni origine, affaire d’expérimentation et non d’interprétation.

 

On n’est jamais homosexuel en fonction de son passé, mais de son présent, une fois dit que l’enfance était déjà présence qui ne renvoyait pas à un passé. Car le désir ne représente jamais rien, et ne renvoie pas à autre chose en retrait, sur une scène de théâtre familial ou privé. Le désir agence, il machine, il établit des connexions. Le beau texte d’Hocquenghem sur la moto : la moto est un sexe. L’homosexuel ne serait pas celui qui en reste au même sexe, mais celui qui découvre d’innombrables sexes dont nous n’avons pas l’idée ? Mais d’abord Hocquenghem s’efforce de définir ce désir homosexuel spécifique, irréductible – et non pas par une intériorité régressive, mais par les caractères présents d’un Dehors, d’un rapport avec le Dehors : le mouvement particulier de la drague, le mode de rencontre, la structure « anulaire », l’échangeabilité et la mobilité des rôles, une certaine traîtrise (complot contre sa propre classe, comme dit Kiossowski? : « on nous a dit que nous étions des hommes, nous sommes traités comme des femmes ; oui, pour nos adversaires, nous sommes traîtres, sournois, de mauvaise foi : oui, dans toute situation sociale, à tout moment, nous pouvons lâcher les hommes, nous sommes des lâcheurs et nous en sommes fiers »).

Seconde volution. l’homosexualité n’est pas production de désir sans être en même temps formation d’énoncés. Car c’est la même chose, produire du désir et former de nouveaux énoncés. C’est évident qu’Hocquenghem ne parle pas comme Gide, ni comme Proust, encore moins comme Peyrefitte : mais le style, c’est de la politique – et les différences de génération ausssi, et les manières de dire «je » (cf. l’abîme de différences entre Burroughs père et fils, quand ils disent je et parlent de la drogue}. Autre style, autre politique : l’importance de Tony Duvert aujourd’hui, un nouveau ton. C’est du fond d’un nouveau style que l’homosexualité produit aujourd’hui des énoncés qui ne portent pas, et ne doivent pas porter sur l’homosexualité même. S’il s’agissait de dire « tous les hommes sont des pédés », aucun intérêt, proposition nulle qui n’amuse que les débiles. Mais la position marginale de l’homosexuel rend possible et nécessaire qu’il ait quelque chose à dire sur ce qui n’est pas l’homosexualité : « avec les mouvements homosexuels l’ensemble des problèmes sexuels des hommes sont apparus ». Pour Hocquenghem, les énoncés d’homosexualité sont de deux sortes complémentaires. D’abord sur la sexualité en général : loin d’être phallocratique, l’homosexuel dénonce dans l’asservissement de la femme et dans le refoulement de l’homosexualité un seul et même phénomène qui constitue le phallocentrisme. Celui-ci en effet procède indirectement, et, en formant le modèle hétérosexuel de nos sociétés, rabat la sexualité du garçon sur la fille à laquelle il donne le rôle à la fois de première piégeuse et de première piégée. Dès lors, qu’il y ait une complicité mystérieuse entre les filles qui préfèrent les filles, les garçons qui préfèrent les garçons, les garçons qui préfèrent aux filles une moto ou un vélo, les filles qui préfèrent, etc., l’important est de ne pas introduire de rapport symbolique ou pseudo-signifiant dans ces complots et complicités (« un mouvement comme le Fhar apparaît intimement lié aux mouvements écologiques… quoique ce soit inexprimable dans la logique politique »).

D’où, aussi bien, la seconde sorte d’énoncés qui portent sur le champ social en général et la présence de la sexualité dans ce champ tout entier : en échappant au modèle hétérosexuel, à la localisation de ce modèle dans un type de rapports comme à sa diffusion dans tous les lieux de la société, l’homosexualité est capable de mener une micro-politique du désir, et de servir de révélateur ou de détecteur pour l’ensemble des rapports de force auxquels la société soumet la sexualité (y compris dans le cas de l’homosexualité plus ou moins latente qui imprègne les groupes virils militaires ou fascistes). Précisément l’homosexualité se libère, non pas en brisant tout rapport de force, mais lorsque, marginale, elle n’est d’aucune utilité sociale : « les rapports de force n’y sont plus inscrits au départ par la société, les rôles homme-femme, baisé-baiseur, maître-esclave y sont instables et inversables à tout moment. »

Troisième volution. On croyait Hocquenghem en train de se fixer, de creuser sa place dans la marge. Mais qu’est-ce que c’est, cette marge ? Qu’est-ce que c’est, cette spécificité du désir homosexuel, et ces contr’énoncés d’homosexualité ? Un autre Hocquenghem, à un autre niveau de la spirale, dénonce d’homosexualité comme un mot. Nominalisme de l’homosexualité. Et vraiment il n’y a pas de pouvoir des mots, mais seulement des mots au service du pouvoir : le langage n’est pas information ou communication, mais prescription, ordonnance et commandement. Tu seras dans la marge. C’est le central qui fait le marginal. « Ce découpage abstrait du désir qui permet de régenter même ceux qui échappent, cette mise dans la loi de ce qui est hors la Loi. La catégorie en question, et le mot lui-même, sont une invention relativement récente. L’impérialisme croissant d’une société qui veut donner un statut social à tout l’inclassable a créé cette particularisation du déséquilibre… Découpant pour mieux régner, la pensée pseudo-scientifique de la psychiatrie a transformé l’intolérance barbare en intolérance civilisée. » Mais voilà ce qui se passe de bizarre : moins l’homosexulité est un état de chose, plus l’homosexualité est un mot, plus il faut la prendre au mot, assumer sa position comme spécifique, ses énoncés comme irréductibles, et faire comme si…

Par défi. Par presque-devoir. Par moment dialectiquement nécessaire. Par passage et par progrès. Nous ferons les folles puisque vous le voulez. Nous déborderons vos pièges. Nous vous prendrons au mot : « C’est en rendant la honte plus honteuse qu’on progresse. Nous revendiquons notre féminité, celle-là même que les femmes rejettent, en même temps que nous déclarons que ces rôles n’ont aucun sens… La forme concrète de cette lutte, on ne peut pas y échapper, c’est le passage par l’homosexualité. » Encore un masque, encore une traîtrise, Hocquenghem se retrouve hégélien – le moment nécessaire par lequel il faut passer – Hocquenghem se retrouve marxiste : le pédé comme prolétaire d’Éros (« c’est précisément parce qu’il vit en l’acceptant la situation la plus particulière que ce qu’il pense a valeur universelle »). Le lecteur s’étonne. Hommage à la dialectique, à l’École normale supérieure ? Homohégélianisme-marxisme ? Mais Hocquenghem est déjà ailleurs, à un autre endroit de sa spirale, et dit ce qu’il avait dans la tête ou dans le cœur, et qui ne se sépare pas d’une espèce d’évolution. Qui d’entre nous n’a pas à faire mourir Hegel et Marx en lui-même, et l’infâme dialectique ?

miroir de l'autre

Le Miroir de l’Autre – photographie Paskua

Quatrième volution, dernière figure de danse pour le moment, dernière traîtrise. Il faut suivre les textes d’Hocquenghem, sa position par rapport au Fhar et dans le Fhar, comme groupe spécifique, les rapports avec le M.L.F. Et même l’idée que l’éclatement des groupes n’est jamais tragique. Loin de se fermer sur « le même », l’homosexualité va s’ouvrir sur toutes sortes de relations nouvelles possibles, micrologiques ou micropsychiques, essentiellement réversibles, transversales, avec autant de sexes qu’il y a d’agencements, n’excluant même pas de nouveaux rapports entre hommes et femmes : la mobilité de certaines relations SM, les puissances du travesti, les 36000 formes d’amour à la Fourier, ou les n-sexes (ni un ni deux sexes). Il ne s’agit plus d’être ni homme ni femme, mais d’inventer des sexes, si bien qu’un homosexuel homme peut trouver chez une femme les plaisirs que lui donnerait un homme et inversement (Proust opposait déjà à l’homosexualité exclusive du Même cette homosexualité davantage multiple et plus « localisée » qui inclut toutes sortes de communications trans-sexuelles, y compris les fleurs et les bicyclettes). Dans une très belle page sur le travesti, Hocquenghem parle d’une transmutation d’un ordre à un autre, comme d’un continuum intensif de substances : « Pas l’intermédiaire entre l’homme et la femme, ou le médiateur universel, c’est une part d’un monde transférée dans un autre comme on passe d’un univers à un autre univers, parallèle au premier, ou perpendiculaire, ou de biais; ou plutôt c’est un million de gestes déplacés, de traits reportés, d’événements… » Loin de se fermer sur l’identité d’un sexe, cette homosexualité s’ouvre sur une perte d’identité, sur le « système en acte des branchements non exclusifs du désir polyvoque». A ce point précis de la spirale, on comprend comment le ton a changé : il ne s’agit plus du tout pour l’homosexuel de se faire reconnaître, et de se poser comme sujet pourvu de droits (laissez-nous vivre, après tout, tout le monde l’est un peu… homosexualité – demande, homosexualité – récognition, homosexualité du même, forme œdipienne, style Arcadie). Il s’agit pour le nouvel homosexuel de réclamer d’être ainsi, pour pouvoir dire enfin : Personne ne l’est, ça n’existe pas. Vous nous traitez d’homosexuels, d’accord, mais nous sommes déjà ailleurs.

Il n’y a plus de sujet homosexuel, mais des productions homosexuelles de désir, et des agencements homosexuels producteurs d’énoncés, qui essaiment partout, SM et travestis, dans des relations d’amour autant que dans des luttes politiques. Il n’y a plus de sujet-Gide emporté divisé, ni même de sujet-Proust encore coupable, encore moins le lamentable Moi-Peyrefitte. On comprend mieux comment Hocquenghem peut être partout sur sa spirale, et dire à la fois : le désir homosexuel est spécifique, il y a des énoncés homosexuels, mais l’homosexualité n’est rien, ce n’est qu’un mot, et pourtant prenons le mot au sérieux, passons nécessairement par lui, pour lui faire rendre tout ce qu’il contient d’autre – et qui n’est pas l’inconscient de la psychanalyse, mais la progression d’un devenir sexuel à venir.

 

L’après-mai des faunes de Guy Hocquenghem, préface de Gilles Deleuze, Grasset, collection Enjeux, 1974, ISBN : 2246000807

Antiphon le thérapeute, précurseur de la psychanalyse

 

 

Antiphon peut être considéré comme un des précurseurs de la psychanalyse. Il est l’inventeur d’une méthode d’interprétation des rêves ainsi que d’une thérapie de l’âme fondée sur le discours. Il prétendait guérir les maladies humaines par l’expression des sentiments par les mots, et l’interprétation rationaliste des rêves. Il se disait « déchagrineur »

Antiphon estimait que « chez tous les hommes, la pensée (gnomè) gouverne le corps pour la santé et la maladie et pour tout le reste. »

Théorie qu’on peut aujourd’hui retrouver dans l’effet placebo.

Concernant le thérapeute Antiphon, le pseudo-Plutarque nous dit (traduction Louis Gernet) :

« Au temps où il s’adonnait à la poésie, il institua un art de guérir les chagrins, analogue à celui que les médecins appliquent aux maladies : à Corinthe, près de l’agora, il disposa un local avec une enseigne où il se faisait fort de traiter la douleur morale au moyen de discours ; il s’enquérait des causes du chagrin et consolait ses malades. Mais, trouvant ce métier au-dessous de lui, il se tourna vers la rhétorique. »

Grâce à Lucien de Samosate, nous possédons le propos d’ouverture de son traité Sur l’art d’échapper à l’affliction :

« L’île des songes est proche de deux sanctuaires de Tromperie et de Vérité. C’est là que sur leur enceinte sacrée et leur oracle qu’elle domine l’interprète des rêves à qui Sommeil avait alloué ce privilège. »

— Histoire véritable II, 33.

antiphon

Dans le domaine strictement philosophique, Antiphon est un auteur original, mais méconnu.

Auteur d’un traité Sur la Vérité, un ouvrage Sur la Concorde, ainsi qu’un autre Sur la Politique, dont il ne reste rien que quelques fragments. Il s’est semble-t-il attaché à prendre une voie différente d’Aristote. Autant le stagirite affirmait la vérité ontologique de la forme dans la nature, autant Antiphon énonçait la supériorité de la Matière sur le Monde. Pour lui en effet la Matière constitue l’essence de la nature des êtres. Cette doctrine se caractérisait par le concept d’arrythmiston. À la même époque, les Atomistesutilisaient le mot grec de rythmos pour décrire les limites physiques des atomes.

L’arrytmiston est dans l’esprit d’Antiphon le substrat du monde « libre de structure ». Il utilisait pour illustrer sa théorie l’image du lit enterré d’après le témoignage d’Aristote : au livre I de son traité de la Vérité, Antiphon indiquait Si l’on enfouissait un lit et si le bois en se putréfiant donnait naissance à un rejeton vivant, on n’aurait pas un lit mais du bois.

L’essence du lit est végétal, son ordonnancement est un accident fait par l’homme. La vraie réalité est le support délié de toute structure, les figures particulières des choses ne sont que les agencements fugaces de l’opportunité du mouvement du Monde. Pour lui, le substrat libre de structure du Monde n’a besoin de rien, ni ne conçoit rien d’autre en plus, mais est indéterminé et sans manque. Même la notion de temps est à ses yeux à soustraire du substrat primordial du monde. Ainsi, il indiquait Le temps est pensée ou mesure, non le substrat des choses, théorie appliquée concrètement par notre philosophe dans la recherche de la résolution géométrique de la quadrature du cercle. La vision philosophique selon Antiphon de ce problème géométrique se retrouve dans sa tentative de la rectification géométrique de la courbe. La seule réalité étant alors l’homogénéité de l’espace, où se déploie cette courbure géométrique.

Antiphon met ses connaissances au service du peuple. Pour aller vers le bonheur, vers l’hédonisme libertaire, il prône une vie selon la Nature, il recommande d’aller à l’encontre des conventions sociales, idée qu’on retrouve également chez les Stoïciens, Diogène de Sinope, Aristippe de Cyrène et les Cyrénaïques.

Il recommande de tourner le dos aux richesses, aux honneurs et aux valeurs familiales car ces « fausses valeurs » éloignent du bonheur et de l’autonomie. Il veut privilégier l’être sur l’avoir.

« (Dans la vie) tout paraît petit et de courte durée. La vie, c’est un dé qu’on lance : on ne peut pas revenir en arrière. Il y a des gens qui ne vivent pas leur existence présente : ils mettent tout leur zèle à se préparer, pour ainsi dire, à vivre une autre vie qui n’est pas de ce monde ; en attendant, le temps file… »

Selon lui, pour vivre selon la Nature, pour se connaître soi-même, il faut connaitre les lois de la Nature. Cette connaissance ne peut passer que par la philosophie qui permet de comprendre les choses et ainsi de conjurer la peur et fabriquer de la rationalité et du plaisir.

Il est ainsi également un précurseur du concept de droit naturel que développeront plus tard Hobbes, Locke et Rousseau.

Antiphon, en grec ancien Ἀντιφῶν / Antiphôn (Rhamnos, Attique v.-480Athènes -410) est l’un des dix grands orateurs attiques. Ce sophiste hédoniste s’était spécialisé dans plusieurs domaines de la sagesse tels que le juridique, l’onirocrisie, la mantique, la thérapeutique par les mots, la rhétorique. Son fils Épigène est l’un des élèves de Socrate.

 

Avatars en Schizo-analyse

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Le concept de virtuel relaie un imaginaire dualiste obsolète et inadéquat.

En effet, désignant ce qui se passe dans le monde numérique par opposition au monde physique, ce concept se fonde, dans le sens commun et dans les médias, de son opposition trompeuse au réel.

Cette définition du virtuel n’a cependant aucun fondement lexical, conceptuel ou scientifique et révèle plutôt un symptôme contemporain, celui de la réduction de la langue à son usage quotidien.

Car, si le virtuel informatique, qui n’est qu’un des aspects du virtuel, est le simulationnel, celui-ci est entièrement réel dans ses applications concrètes.

Le rabaissement du concept de virtuel s’explique par le fait que la révolution numérique nous confronte à quelque chose de nouveau, d’inconnu, qu’il est difficile d’intégrer : « Percevoir à l’ère numérique, c’est être contraint de renégocier l’acte de perception lui-même, au sens où les êtres numériques nous obligent à forger des perceptions nouvelles, c’est-à-dire d’objets pour lesquels nous n’avons aucune habitude perceptive. Cette renégociation perceptive n’a rien de naturel. Elle exige du sujet contemporain un véritable travail phénoménologique en vue d’apprendre à percevoir cette nouvelle catégorie d’ « étants », les êtres numériques, dont la phénoménalité est inédite, et par conséquent désarmante ».

La possibilité d’une intersubjectivité numérique moderne convoque des mécanismes de socialisation, de même que des manières d’explorer les limitations aussi bien que les élargissements contemporains de la notion d’individu.

Un nouveau paradigme d’interaction est introduit aujourd’hui par la réalité virtuelle, où l’utilisateur n’est plus considéré comme simple spectateur observant passivement des images sur un écran, mais comme un  acteur participant activement à l’évolution d’un monde virtuel en trois dimensions. La réalité virtuelle doit être considérée comme un outil de réalisme qui permettrait de mieux gérer le réel.

Ces créations proposent de revenir à un rapport sensible de l’action sur l’image, en mettant notamment le rapport corporel en avant. Un regard nouveau sur le monde et sur notre manière d’agir est proposé, donnant la possibilité à quiconque d’être à la place de l’autre d’une nouvelle manière.  La virtualisation de l’expérience vécue propose des expériences singulières fortes et sincères.

En exploitant la dimension sensible propre à l’interactivité, un champ d’expression s’ouvre et permet de placer l’action du joueur non pas dans la navigation, mais dans la sensibilité et la compréhension de l’expérience.

La construction d’une sociabilité en temps réel au travers ces avatars numériques favorise l’apparition dans notre psychisme de nouvelles « dividualités » originales et spécifiques au monde du numérique : La construction existentielle traditionnelle se fait essentiellement au travers la relation avec nos semblables, mais l’utilisation d’avatars dans les mondes persistants nous permet aussi de vivre de manière dématérialisé une relation cognitive et affective forte, en interaction émotionnelle, et bientôt sensuelle  avec les humains. Il conçoit l’individu comme un ensemble de « dividus » différents « selon que l’on est en famille, dans l’intimité d’une relation amoureuse, au travail, pendant nos loisirs, au volant d’une automobile ».

Les mondes persistants du cyberespace nous permettront, via nos avatars, d’incarner, de générer, d’enrichir, nos différentes dividualités.

« Pour notre conscience, les avatars et leurs actions sont perçues comme des simulacres, mais pour notre sub-conscience, les actions perçues sont interprétées comme vraies par l’activation des neurones miroirs dans la perception des avatars 3D ».

En quelques décennies le jeu vidéo a ajouté à ses qualités de divertissement (expérimental puis industriel) une dimension culturelle et didactique.

D’abord essentiellement inscrit dans un usage purement ludique, alimenté continuellement par une industrie créative et lucrative, le jeu vidéo s’est ouvert de nouveaux espaces via les études culturelles qui reconnaissent dans ces productions spécifiques les ingrédients d’une culture (concepts, écritures, création, diffusion, public) voire d’une contreculture.

Fort de ces nouveaux différents niveaux de lecture, il est désormais pris au sérieux pour proposer une interaction efficace entre une cible, un apprenant, un spectateur et un contenu : il est utilisé pour d’autres objectifs que le seul divertissement et notamment ceux de la pédagogie, outil décomplexé des apprentissages, et de la thérapeutique, télémédecine, consultation à distance.

L’individu est mort avec le capitalisme. Il est maintenant remplacé par le « dividu », le netocrate selon Alexander Bard, immergé dans les réseaux. Psychanalyste d’inspiration schizo-analytique, nous empruntons le terme « dividu » au français Gilles Deleuze exprimé dans l’Anti-Oedipe.

Un individu est un objet indivisible, tandis qu’un « dividu » peut être séparé en différents éléments, puis réassemblé pour former de nouvelles structures. Nous ne sommes plus des êtres « individuels », mais des dividus existant dans des contextes sociaux différents. Et, plus important, nous avons arrêté d’essayer d’être constamment « toujours le même », fidèle à notre « véritable moi ». Au contraire, nous nous délectons à apparaître différents selon les contextes. Nous avons abandonné l’idéal de la personnalité « monopsychique » pour lui préférer celui de la personnalité « schizoïde ».

C’est la mort sociologique du sujet cartésien. L’individualisme est propre aux classes sociales défavorisées sous le règne de l’informationalisme. Le netocrate est dividualiste, parce qu’entre l’Individu et le Réseau, il choisira toujours le Réseau. Donc l’objet atomique, le socle cosmique de la société informationaliste est le Réseau et NON l’Individu, comme c’était le cas dans le paradigme cartésien capitaliste. L’individu se développe en dividu.

Nous chercherons désormais des consultations en schizo-analyse plutôt qu’en psychanalyse.

Il n’y a désormais aucune objection à consulter et entreprendre une cure de psychanalyse d’inspiration schizo-analytique, dans le respect de l’éthique de l’Association Internationale de Psychanalyse (IPA) via votre schizo-analyste présent sur les réseaux sociaux, à distance via Skype – demain sur les métavers, ces univers virtuels permettant l’immersion de nos dividualités en réalité 3D.

skypenoir

adresse Skype: decauxdesmoulains

 

 

L’amour

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“L’amour, c’est offrir à quelqu’un qui n’en veut pas quelque chose que l’on n’a pas.”

Jacques Lacan